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Infections vaginales, comment les reconnaître et les traiter

 

Dans le catalogue des joyeusetés que nous apporte le fait de posséder un appareil génital féminin, il y a tellement de choses :

Car si à la base l’utérus est prévu pour faire une chose assez incroyable (faire grandir un bébé dedans, quand même), toute la machinerie autour apporte parfois *quelques* désagréments. Oh, vous les connaissez sûrement : Démangeaisons, Syndrome prémenstruel, Règles… Bref, la vie avec un vagin, c’est pas toujours facile.

Et parmi ces choses que ne connaissent pas les personnes possédant un pénis, il y a les infections vaginales : AH, les démangeaisons ! Les pertes-qui-ont-une-couleur-bizarre ! Les odeurs… maritimes (?!). C’est une histoire que toutes les femmes connaitront au moins une fois dans leur vie. Voici comment faire en sorte qu’elle se termine bien, et surtout, qu’elle ne se répète pas trop souvent.

 

 

Reconnaître une infection vaginale

Démangeaisons voire douleurs sont les premiers signes d’une infection vaginale. Si vous avez éliminé les différentes causes d’une démangeaison, et que vos pertes vaginales ont changé d’aspect en même temps : BINGO, vous avez tiré le gros lot.

Vous êtes d’ailleurs loin d’être la seule : 75% des femmes développeront une mycose vaginale au cours de leur vie1, tandis que la vaginose bactérienne atteint 1 femme sur 3, chaque année dans le monde2. Car oui, il existe plusieurs sortes d’infections vaginales :

  • La mycose vaginale, qu’on appelle aussi candidose, car causée dans 90% des cas par une levure appellée Candida albicans,
  • La vaginose bactérienne, que l’on appele ainsi car elle est causée par un autre type de microorganisme : des bactéries telles que Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis, ou encore Prevotella spp..
  • Une trichomonase, une infection provoquée par le parasite Trichomonas vaginalis.

Il est relativement facile de faire la différence entre les trois en observant vos pertes vaginales :

 

Une mycose vaginale entrainera des démangeaisons et rougeurs au niveau de la vulve, et des pertes blanches abondantes mais sans odeurs, qui ressemblent un peu à du lait caillé (si vous êtes dégoûtée maintenant, ne continuez pas la lecture).

Une vaginose bactérienne, entrainera des démangeaisons également, mais la différence est que vous aurez des pertes grises/vertes, avec une odeur type « poisson pourri ».

Une infection à Trichomonas provoquera des picotements et rougeurs au niveau de la vulve, mais les pertes au fond de votre culotte seront malodorantes, beiges et « écumeuses », comme de l’eau savonneuse.

Ces symptômes peuvent également s’accompagner de sensations de brûlure ou de difficultés à uriner.

L’autre différence entre les trois ? Comme ce ne sont pas les mêmes micro-organismes qui les causent, les traitements seront également différents.

Comment traiter une infection vaginale

Il est très fréquent que le temps d’aller à la pharmacie ou de prendre un rdv chez le médecin, l’infection disparaisse d’elle-même : chanceuse ! Mais si ça dure depuis trop longtemps ou si c’est la 4ème fois en un an, il est temps d’agir.

 

Pour soulager une mycose vaginale, il existe des traitements anti-fongiques disponibles sans ordonnance en pharmacie : sous forme de crème à usage externe ou d’ovule à insérer dans le vagin, ils seront d’une grande utilité si vous savez reconnaitre les symptômes.

 

Pour soulager une vaginite bactérienne, il est en revanche nécessaire d’aller voir un médecin pour bénéficier d’un traitement antibiotique. Si vous êtes enceinte, ne tardez pas : une infection bactérienne vaginale peut déclencher un accouchement prématuré. 

 

Pour traiter une infection à Trichomonas, il est également nécessaire d’aller chez le médecin, car un antibiotique doit être prescrit. Comme c’est une infection sexuellement transmissible (ce qui n’est pas le cas des mycoses ou vaginoses bactériennes), il est nécessaire que le partenaire sexuel soit également traité. L’usage du préservatif masculin ou féminin est également recommandé pour éviter les récidives.

Si vous savez qu’il y a un problème mais que vous n’arrivez pas à identifier la cause, un professionnel de santé (gynécologue, médecin généraliste ou sage-femme) pourra faire un prélèvement qui permettra d’identifier précisément le micro-organisme qui s’est un peu trop bien installé dans votre vagin.

Mais malgré ces traitements, sachez qu’entre 5 et 30% des femmes auront une récidive.

Comprendre ce qui déclenche une infection pour éviter les recidives

En temps normal, le vagin est tapissé de ce qu’on appelle la flore vaginale. Dans la flore vaginale, on retrouve en majorité des Lactobacilles que l’on appelle aussi « probiotiques » (littéralement « pour la vie ») : ce sont les bactéries sympa, celles qui jouent le rôle de bouclier et qui font que le pH du vagin est acide (entre 3,8 et 6). Dans la flore on retrouve aussi les levures et bactéries pathogènes, mais le pH acide produit par les Lactobacilles limite leur développement, ce qui évite les infections.

 

Mais dans le vagin comme dans la vie, tout est une question d’équilibre.

 

Cet équilibre est fragile, et faire basculer la balance d’un côté ou de l’autre provoque des infections : Côté pH trop acide (inférieur à 3,8), ce sont les levures qui prennent le dessus et provoquent des mycoses. Côté pH trop basique (supérieur à 6), ce sont les bactéries pathogènes qui s’installent.

 

Pensez à vérifier si vos produits de toilette intime ou lubrifiants ont un pH situé entre 3,8 et 6 pour ne pas perturber cet équilibre. Une haute concentration en oestrogènes dans le corps (comme pendant une grossesse ou avec la pilule contraceptive) peut acidifier le vagin, tandis que les règles ou le sperme ont tendance à rendre le pH basique. Enfin, il y a les situations où sans le savoir, on a carrément jeté la balance par la fenêtre : un tampon qui absorbe tout (même les bonnes bactéries), une toilette intime trop agressive, ou un traitement antibiotique à large spectre sont l’équivalent pour le vagin d’un désherbage au lance-flamme : en voulant tout enlever, on enlève aussi la protection qu’apportent les Lactobacilles, et on ne sait pas ce qui va prendre le dessus…

Dans tous les cas, il faut s’en tenir à une toilette intime par jour maximum, et peut être changer ses habitudes si les récidives se font trop fréquentes. Il est intéressant aussi de ramener des probiotiques, soit par l’alimentation (chou fermenté, yaourts, compléments alimentaires) soit par des ovules qui s’insèrent dans le vagin, disponibles sans ordonnance en pharmacie. Ainsi, vous apportez à votre corps des défenses supplémentaires.

 

Voilà, vous êtes maintenant équipée pour prendre soin de votre flore intime et l’aider à combattre les infections vaginales !

 

 

1 Vanessa Cardinale, « Les candidoses vaginales recidivantes à Candida Albicans », Thèse de Diplôme d’Etat de Docteur en Pharmacie, sous la direction de Françoise Hinzelin, Nancy, Université Henri Poincare - Nancy 1, 2001, 131 p.

² JE Allsworth, JF Peipert ; « Prevalence of bacterial vaginosis : 2001-2004 National Health and Nutrition Examination Survey data », Obstet. Gynecol., 2007 Jan, 109(1), p. 114-120.

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